La Rochelle compte 20 013 habitants de 65 ans ou plus, soit 24,9 % de la population — un taux moyen pour une ville de cette taille, mais qui masque le chiffre vraiment déterminant : 55,7 % des ménages rochelais ne comptent qu'une seule personne (25 237 ménages), dont 14 417 femmes seules. C'est l'un des taux d'isolement résidentiel les plus élevés de notre zone d'action. Or l'isolement est précisément ce qui transforme un escalier difficile ou une baignoire à enjamber en situation d'enfermement, parce que personne ne peut intervenir au quotidien.
Deuxième donnée structurante, et contre-intuitive pour une ville de bord de mer : La Rochelle est d'abord une ville d'appartements — 67 % des résidences principales (29 498 logements), contre 33 % de maisons (14 508). Ici, le premier sujet n'est donc pas l'escalier de la maison, mais la salle de bain et la copropriété. Une baignoire qu'on enjambe, un carrelage lisse une fois mouillé, une porte de 70 cm, une cage d'escalier commune : dans un immeuble, c'est là que se concentre le risque de chute et là que se posent les autorisations.
Le bâti ancien est bien présent : 3 704 logements rochelais datent d'avant 1919 (2 036 appartements et 1 668 maisons). Ce sont les immeubles du Vieux-Port et du centre historique, sous les arcades, avec leurs escaliers raides, leurs cages étroites et leurs planchers anciens. La Rochelle est labellisée Ville d'Art et d'Histoire : dans le périmètre patrimonial, tout équipement visible depuis l'espace public relève de l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France. Pour un monte-escalier dans une cage d'escalier commune, il faut à la fois l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires et, le cas échéant, cet avis.
La plus grosse vague de construction est toutefois récente : 11 589 logements datent des années 1971-1990, puis 7 260 des années 1991-2005 — résidences et lotissements de la périphérie, avec leur escalier droit standard. Pour les maisons de cette période, 3 289 au total, le chantier est le plus simple et le moins coûteux de la commune : rail de série, pose en une journée, 3 000 à 5 500 € posés avant aides. Le contraste avec le centre ancien est net, et le devis doit en tenir compte.
Enfin, La Rochelle dispose d'un guichet bien identifié : la Plateforme Rochelaise de Rénovation Énergétique (PRRE), service public gratuit de la Communauté d'Agglomération de La Rochelle, prend explicitement en charge les travaux d'adaptation à une perte d'autonomie — pas seulement la rénovation énergétique. Elle est joignable au 05 46 30 37 73, au 23 avenue du Général de Gaulle, et tient des permanences dans les communes de l'agglomération. C'est le bon point de départ pour monter un dossier MaPrimeAdapt'.