Pau est le plus gros vivier de seniors du Béarn : 18 454 habitants de 65 ans ou plus, soit 22,7 % de la population. Et 58,5 % des ménages palois ne comptent qu'une seule personne (26 485 ménages), dont 14 882 femmes seules et 11 603 hommes seuls. C'est le taux d'isolement résidentiel le plus élevé de nos communes cibles, et de loin le plus grand nombre de personnes concernées : à Pau, la décision d'adapter le logement se prend très souvent seul, parfois loin des enfants.
Mais Pau est d'abord une ville d'appartements : 81,6 % des résidences principales (36 284 logements) contre 18,4 % de maisons (8 179). C'est l'exact inverse de la plupart des communes du Béarn. Conséquence directe pour un projet d'adaptation : dans un appartement palois, le premier sujet n'est pas l'escalier, c'est la salle de bain — la baignoire à enjamber, le carrelage glissant une fois mouillé, l'absence de barres d'appui et de siège. C'est aussi le poste où surviennent le plus de chutes.
Le bâti est ancien et vertical. 2 973 logements datent d'avant 1919, dont 2 418 appartements dans l'hypercentre — immeubles d'étages, souvent sans ascenseur, aux cages d'escalier raides. Puis viennent les grandes vagues d'après-guerre : 9 373 appartements construits entre 1946 et 1970 et 12 640 entre 1971 et 1990. Ce sont aujourd'hui exactement les immeubles où résident le plus de retraités et de propriétaires occupants âgés.
Vivre en collectif change la démarche. Tout ce qui reste à l'intérieur du logement — receveur de douche extra-plat, barres d'appui, siège, WC surélevé — se réalise sans autorisation. Mais dès qu'un équipement touche une partie commune (un monte-escalier dans la cage d'escalier, une rampe à l'entrée de l'immeuble), il faut l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires, voté à la majorité. À Pau, c'est presque toujours l'étape la plus longue du projet, et l'ADIL 64 accompagne gratuitement cette démarche.
Côté financement, Pau relève de la Communauté d'Agglomération Pau Béarn Pyrénées — et non de la Communauté d'Agglomération Pays Basque, dont l'aide de 2 000 € ne s'applique pas ici. Le point d'entrée est la Maison de l'Habitat et du Patrimoine, espace conseil France Rénov' de l'agglomération (05 59 82 58 60, 2 bis rue des Cordeliers), où le diagnostic est gratuit, en complément du dispositif départemental « Bien chez soi » qui peut atteindre 100 % pour l'aménagement au vieillissement.