Anglet compte 12 879 habitants de 65 ans ou plus, soit 29,5 % de sa population — et l'écart entre les sexes est net : 25,9 % des hommes sont dans cette tranche d'âge, contre 33,1 % des femmes. La question de l'adaptation du logement ne concerne donc pas une minorité, mais près d'un habitant sur trois — et surtout une majorité des habitantes les plus âgées.
48,4 % des ménages angloys ne comptent qu'une seule personne (11 401 ménages), et 7 052 d'entre eux sont des femmes vivant seules — un chiffre en hausse continue depuis 2012. C'est la configuration exacte du maintien à domicile : une personne seule, dans un logement qui ne bouge pas, et des enfants qui vivent ailleurs et s'inquiètent.
Contrairement à l'image balnéaire de villas, Anglet est massivement une ville d'appartements : 65,3 % des résidences principales sont des appartements (15 056 logements) contre 34,7 % de maisons. Cela déplace complètement le problème : dans un appartement, l'enjeu n'est pas l'escalier mais la salle de bain — passer d'une baignoire à une douche de plain-pied, sécuriser les accès, faciliter les transferts. C'est un chantier plus rapide et moins coûteux qu'un monte-escalier, mais il traite réellement le quotidien.
Autre donnée décisive : 44,3 % des ménages vivent dans leur logement depuis dix ans ou plus. À Anglet, on ne déménage pas — on reste. Ce qui veut dire qu'à un moment, l'adaptation devient la seule alternative à la maison de retraite. Le patrimoine bâti le confirme : environ 1 120 maisons ont été construites avant 1945, des maisons basques traditionnelles — labourdines, à étage, avec des escaliers souvent raides et étroits — auxquelles s'ajoutent près de 4 700 maisons des décennies 1946-1990.
Deux spécificités locales méritent enfin d'être connues. La première est la copropriété : dans l'immobilier anglois, beaucoup de travaux touchent des parties communes ou doivent être signalés au syndic — mieux vaut le savoir avant de signer, pas après. La seconde est le climat océanique : Anglet est une commune littorale de l'océan Atlantique, et l'air chargé d'embruns attaque les métaux. Sur une rampe extérieure, un garde-corps ou une plateforme côté mer, l'acier non traité rouille en quelques saisons.