Saint-Jean-de-Luz compte 5 262 habitants de 65 ans ou plus, soit 34,9 % de la population — la deuxième concentration de la côte basque derrière Biarritz, et la première en nombre. Et 49,0 % des ménages ne comptent qu'une seule personne (4 028 ménages), dont 2 681 femmes seules : c'est le taux d'isolement résidentiel le plus élevé de toutes les communes que nous traitons. Ici, le grand âge rime avec solitude — donc avec des décisions prises sans entourage immédiat et une aide familiale souvent éloignée.
Le parc est massivement collectif : 74,4 % des résidences principales sont des appartements (5 963 logements) contre 25,6 % de maisons. Dans une ville où les trois quarts des habitants vivent en immeuble, le premier chantier d'adaptation n'est pas l'escalier : c'est la salle de bain — la baignoire à enjamber, le carrelage qui glisse une fois mouillé, l'absence de barres d'appui. Vient ensuite la cage d'escalier, qui relève des parties communes, donc du syndic et de l'assemblée générale des copropriétaires.
La ville est aussi ancienne et protégée. 384 logements datent d'avant 1919 (116 maisons et 268 appartements), plus 199 maisons de 1919 à 1945 : ce sont les maisons d'armateurs et de corsaires autour du port et de la place Louis XIV, les immeubles du centre historique, la maison labourdine à pans de bois. Saint-Jean-de-Luz est couverte par un Site Patrimonial Remarquable de 473 hectares — ville historique, quartier Fargeot-Urdazuri et quartiers des collines — où l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France est obligatoire quel que soit le régime d'autorisation des travaux.
Le reste du parc raconte la station balnéaire du XXe siècle : 736 maisons et 1 625 appartements construits entre 1971 et 1990, puis 306 maisons et 1 369 appartements entre 2006 et 2020. Et l'enracinement est frappant : 48,2 % des ménages occupent leur logement depuis dix ans ou plus, avec 4,1 pièces en moyenne. Autrement dit, un habitant sur deux vit dans un logement choisi en pleine santé, qui n'a jamais été pensé pour la perte de mobilité — ni pour un fauteuil, ni pour une douche à la place de la baignoire.
Deux paramètres techniques dominent localement. D'abord l'air marin : la commune est en front de mer et tout équipement extérieur y subit les embruns, premier facteur de corrosion — exigez l'inox de grade 316. Ensuite le financement : Saint-Jean-de-Luz relève de la Communauté d'Agglomération Pays Basque (jusqu'à 2 000 €) et du dispositif « Bien chez soi » du Département 64, qui peut atteindre 100 % de l'aménagement au vieillissement. La Maison de l'Habitat et de l'Énergie, à Bayonne, instruit ces dossiers pour la commune.